Armement des torpilleurs de 600 t

Klaus Günther v. Martinez
Messages : 842
Enregistré le : 12 Mai 2007, 09:41
Localisation : Allemagne

Armement des torpilleurs de 600 t

Messagepar Klaus Günther v. Martinez » 13 Aoû 2010, 15:35

These ships were provided with the towed anti-submarine torpedo "Ginocchio". How did it work? Taking aside training and exercises, was it ever used against a foe?
Furthermore these ships carried a anti-submarine net 1000 m long and 72 m deep. How was it intended to be used? Towed (like the net of a chalutier), drifting (like the nets of drifters used for catching herings and mackerels) or simply as protective defense for an anchorage?

Marc Saibène
Messages : 35
Enregistré le : 08 Mai 2007, 15:40

torpille Ginocchio

Messagepar Marc Saibène » 13 Aoû 2010, 18:53

La torpille Ginocchio est le plus évolué des systèmes de mines remorquées utilisés pendant la guerre 14/18 pour la lutte anti-sous-marine.
Elle est l’œuvre du Lieutenant de Vaisseau Manlio Ginocchio de la Marine Italienne qui la proposa en 1917 à la Marine Française et recueillait devant la Direction Générale de la guerre sous-marine un immédiat succès d’estime, vite confirmé par des essais.
Le système était, en effet, très supérieur aux matériels proposés jusqu’à ce jour grâce notamment à quelques équipements ingénieux :
- L’engin (corps de lamine mouillé par l’arrière et remorqué en profondeur) est muni d’ailerons qui le stabilise sous l’eau et lui permet de conserver une profondeur constante ;
- La mise à feu se fait par percussion avec cependant un mécanisme hydrostatique de sécurité empêchant l’explosion à moins de 10 ou 15 mètres.
En outre, l’équipement des navires sera facilement réalisable, se résumant à deux potences et à un treuil pour l’enroulement de la remorque.
La torpille remorquée Ginocchio modèle 1917/30/T, est donc retenue, puis achetée auprès de l’Amirauté Italienne (pour 1400 Frs pièce). Les brevets des modèles 1916/30/T ; 1916/16/T et 1917/30/T seront enfin acquis, pour la somme de 150 000 frs par acte signé le 23 avril 1918.
Elle va rapidement bénéficier du même succès auprès des utilisateurs… Succès sans doute peu confirmé dans les faits, mais qui se perpétuera jusqu’en 1940 !
En 1918, les sloops et canonnières accueillaient ce matériel sur la plage arrière. Ils étaient équipés de deux engins, dont un prêt à être mouillé et le second en réserve sur le pont.
Dans l’entre-deux-guerres, bien que les grenades mouillées par l’arrière, doublées du système latéral des mortiers Tornycrofts, aient surclassées tous les autres moyens d’attaques ASM, la torpille Ginocchio restera en dotation normale sur les torpilleurs de tout types jusqu’au-delà des années "30". Mais seuls les torpilleurs de 600 tonnes de type Melpomène en seront encore effectivement dotés dans l’immédiat avant-guerre.
De 1937 à 1939, deux modèles étaient en service sur ces torpilleurs : l'un pour moyenne profondeur, l'autre pour grande profondeur.
Mais, preuve de l’attachement de la Marne pour cet engin pourtant désuet, un nouveau modèle de remorquage sera expérimenté sur La Bayonnnaise courant 1939 (Note 2592 R du 4 mai 1939).
La torpille Ginocchio ne sera jamais utilisée en opération. Après 1940, les engins ne seront plus attribués.
Lire : Les torpilleurs légers français 1937-1945. Marc Saibène. Marines Editions 2004.
Bien cordialement

Klaus Günther v. Martinez
Messages : 842
Enregistré le : 12 Mai 2007, 09:41
Localisation : Allemagne

Messagepar Klaus Günther v. Martinez » 13 Aoû 2010, 19:53

Merci, M. Saibène.
Et est-ce que qu'ily a une explanation pour le filet aussi?

Marc Saibène
Messages : 35
Enregistré le : 08 Mai 2007, 15:40

Les filets indicateurs anti-sous-marins

Messagepar Marc Saibène » 18 Aoû 2010, 11:44

Ces filets, d’origine britannique, ont pour but de révéler la présence d’un sous-marin ennemi (et non à l’arrêter). Ils peuvent être remorqués ou embossés. Des flotteurs de verre sont liés à la tête du filet dans une manche en toile de protection.
Ils sont adoptés par la Marine Française en 1918 afin de fournir aux patrouilleurs, bientôt équipés de moyens d’écoutes plus fiables, un système complémentaire couronnant les recherches.
Positionné sur la route probable du sous-marin, une bouée indicatrice s’enfonce avec le filet lorsque celui-ci est accroché, puis remonte à la surface au bout d’un filin et déclenche un mécanisme au phosphore.

Suite aux essais concluants effectués sur la Courageuse alors que les études d’installation se poursuivaient sur les autres types de bâtiments anti-sous-marins : avisos, sloops etc… les canonnières type Agile les reçoivent début 1918.
Toutefois, ils ne seront plus envisagé sur les bâtiments du programme naval de l’entre-deux-guerre, sauf pour les torpilleurs de 600 tonnes de type Melpomène qui se voient attribués cet engin faute de moyens plus appropriés…
Leurs filets indicateurs anti-sous-marins sont cependant d’un modèle beaucoup plus grand que ceux mis en place en 1918. Ils ont maintenant 1000 mètres de long et 72 mètres de haut. Chaque torpilleur disposera donc d’un filet installé dans une soute arrière spécialement lambrissée de bois afin d'éviter tout risque d'accrochage.
Déjà obsolète à la conception des torpilleurs, il disparaîtra dès 1939, laissant ainsi ces bâtiments sans aucun moyen de repérage anti-sous-marin.
Aucun moyen d'écoute, aucune proposition d'installer un système Asdic ne viendra se substituer au débarquement du filet.
Seul matériel relativement moderne dont disposera les torpilleurs de 600 tonnes français en 1939 sera le sondeur acoustique CET modèle 1932, modifié en 1935 pour l’écoute sous-marine, mais dont les indications sont aléatoires.
La dépêche 3000 CN6 du 16 mars 1940 décidera de transformer la soute à filet en réserve pour grenade ASM.
Bien cordialement,
Marc saibène

Klaus Günther v. Martinez
Messages : 842
Enregistré le : 12 Mai 2007, 09:41
Localisation : Allemagne

Messagepar Klaus Günther v. Martinez » 20 Aoû 2010, 17:06

Thanks.
This new use of the storageroom for the net explains why "La Bayonnaise" could use 15 depth charges in her attack against a submarine 14.06.1940.
Bien cordialement
Klaus Günther


Retourner vers « Histoire de la marine française : De la naissance de la vapeur à nos jours »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités